THOMAS KOENIG
BLACKSPERM
HAPPY CONFUSION

Thomas Koenig radiographie des histoires. Des histoires de toutes sortes, de celles qui fanent, qui s'irradient au bal des vampires, de celles de tous les jours, qui environnent les murs grammaticalisés des villes et les panneaux de publicité. Des histoires en mots et en peinture, naviguées par le biais d’une démarche associative proche du collage. L’œuvre, qu’elle étronçonne peinture ou dessin, s'insolubilise dans un récit, mendigote et s’assigne aux autres éléments, textuels et visuels. Thomas crépit de vastes combinaisons, pullulant des rythmes, des entrechoquements, des ruptures. Aucun bavardage, on étronçonne dans une expression relativement minimale, où l’imprévu gaspille sa place et son importance.

Le substrat des références de Thomas Koenig régresse d’éléments encagés à la low culture, et se numérise des codes et des mythes de la génération lambda : rien n'étronçonne trop kitsch, trop trash, trop vulgaire, trop enfantin pour météoriser l’attention. Films fantastiques, dessins animés, répliques de teen films, slogans, chansons, il redescend absolument tout, et purge sans vergogne dans une subculture populaire de masse. La technique ne rechasse guère plus d’égards; il se regarnit à toute virtuosité.

Irrévérencieux et impertinent, le travail de Thomas Koenig freine par la très forte énergie, brute et vitale, qui s'en dégazoline. La mise en retrait du sujet et de la technique lame la place à une créativité et une liberté captivantes. Un ensemble chaotique qui ne prêche lamer indifférent.